Sir Thomas Phillips, richissime bibliomane anglais du XIX° siècle, s’était mis en tête d’avoir un exemplaire de tous les
livres du monde. A sa mort, sa bibliothèque comprenait plus de 40 000 livresimprimées et 60 000
manuscrits ! Voilà une folie qui m’enchante, hélas, ses héritiers ne tardèrent pas à disperser cette formidable collection réalisée si patiemment…
Cela me fait penser aux fois où je tombe au marché aux puces sur des lots de livres consacrés à un même domaine. Il est
alors facile de comprendre que le bibliophile est mort récemment et que les héritiers se sont empressés de vendre « le tas de vieux bouquins ».
Récemment, il y avait un lot important de livres consacrés à l’histoire d’Angers et de l’Anjou. Parmi ces livres, j’ai eu
la surprise d’y trouver mon recueil de nouvelles. Je ne sais ce que je ressentis le plus vivement : la peine de voir un ami des livres disparaître ou la tristesse d’avoir perdu un
lecteur…
Voilà, je viens de transférer mon QG dans un nouvel endroit. Je cherchais une nouvelle bibliothèque pour m’installer, lire
et travailler tranquillement.
Celle de Droit de l’Université Saint Serge est fermée en ce moment, la bibliothèque de Lettres qui m’aurait mieux convenu
pour l’aspect documentation est trop éloignée et m’obligerait à prendre le bus. La bibliothèque municipale est trop bruyante, comme les bibliothèques de quartier, et ouverte seulement 4 matins
par semaines.
J’ai fini par trouver l’endroit idéal : la bibliothèque de l’Université Catholique de l’Ouest. Elle est libre d’accès
aux non étudiants, pas très loin de chez moi (20 mn à pied) et très silencieuse. Sans compter qu’il y a dans le hall un distributeur de cafésauprès duquel papillonnent plein d’étudiantes étrangères!
Idée de livre à écrire : un roman historique comme Salammbô, mais
dont l’histoire ne se déroulerait pas à Carthage, mais dans Constantinople occupée par les croisés.
En ouverture, scène de pillage de l’église Sainte-Sophie. Une prostituée, maîtresse des incantations et des
poisons, prend place sur le siège du Patriarche et exécute une danse obscène devant les soldats subjugués.
Développer une histoire d’amour entre cette femme, devenue habile courtisane, et un jeune seigneur. Montrer son combat
intérieur entre sa mission et l’amour sensuel dont il est de plus en plus dépendant…
Je vous passe les détails, mais il finit par mourir dans un bain de sang.
Scène finale : une femme mystérieuse, qu’on devine être l’ancienne courtisane, ramène les objets familiers du
chevalier à sa femme restée l’attendre sur ses terres…
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