Partager l'article ! Emoi du moi: C’était prévisible et j’aurais dû le prévoir, mais ma prévoyance à été entravée par une procrastination toute prous ...
C’était prévisible et j’aurais dû le prévoir, mais ma
prévoyance à été entravée par une procrastination toute proustienne. Enfin, puisque c’est à cause de Proust si j’en suis réduit à cette extrémité, à savoir écrire cette petite précision qui me
semblait inutile, autant que ce soit lui que me sorte de l’embarras. En fait d’embarras, il s’agirait de ce que j’appelle « l’émoi du moi ». En l’occurrence le fait qu’on confonde à
nouveau mon « moi personnel » avec le moi créateur… Je viens de mettre ici quelques aphorismes et je me dois de préciser que certains ont été écrits sous l’influence littéraire de
Cioran et que d’autres l’ont été dans une sorte de recherche purement formelle et stylistique. Ils ne reflètent donc pas ma pensée. Juste un fragment parcellaire et partial de ma pensée. Il faut
donc se méfier car, comme le disait Proust, « un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices... »
Un livre ne possède pas toujours des clés cachées destinées à révéler la personnalité réelle de l’auteur… Cette précision s’impose désormais pour moi avec d’autant plus de force et d’évidence que je vois déjà les recoupements arbitraires qu’on ne manquera pas de faire à la lecture de mon dernier livre : le Botticelli code. Ce n’est pas parce que mon héroïne éprouve, à un moment donné, une attirance pour une autre femme que j’ai des tendances lesbiennes ! Enfin, ce n’est pas un problème pour moi sauf que je crains le pire lors de la sortie de mon prochain livre : La vie sexuelle des grands écrivains ! Donc, autant le dire une fois pour toutes, il ne faut chercher à saisir dans mes écrits mon moi authentique, définitivement fugitif, furtif et incompréhensible à tous et à moi en premier !
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