Lundi 15 décembre 2008 1 15 /12 /Déc /2008 14:45

Notre vie dépend en grande partie des décisions que nous prenons mais ce qu’il y a de fascinant, voire d’inquiétant, c’est qu’elle peut dépendre également de la chance ou du hasard. Et parfois dans une large mesure (Napoléon recrutait certains cadres de son administration sur cette simple considération : « A-t-il de la chance ? »).

Je pense à ces rencontres qui peuvent bouleverser notre existence en leur donnant un tour nouveau ou un essor inattendu. On a pu dire que les révolutions étaient des « accélérateurs de progrès » (ce qui est souvent très contestable) mais à mon avis ces rencontres peuvent tout à fait être qualifiées d’ « accélératrices de destin ».  Bien sûr, on pense aux rencontres amoureuses, au coup de foudre qui peut illuminer en un seul instant un pan entier de notre existence, mais je veux plutôt aborder ici celles qui ont présenté pour les artistes une chance inespérée de se faire connaître : un découvreur de talent, un producteur, un mécène, une muse… On a tous en tête l’exemple d’un acteur découvert alors qu’il faisait de la figuration, un guitariste repéré par un producteur alors qu’il joue dans la rue ou dans le métro, on connaît l’exemple de groupes ayant connu le succès grâce à myspace ou Facebook… Je me souviens aussi de ce reportage sur Daniela Cott, celle qu’on surnomma « la Madone des poubelles »  car elle fut « découverte » par une styliste alors qu’elle faisait les poubelles et gagna le concours de l’agence Elite Model Look pour l’Argentine.

Dans le domaine de la peinture, il y a une anecdote célèbre qui a été rapportée par Vasari. Giotto, un des plus grands peintres italiens, n’était alors qu’un jeune garçon de dix ans. Fils de paysan, il était occupé à garder ses moutons et s’amusait à dessiner une brebis lorsque le grand peintre florentin Cimabue vint à passer par là. Emerveillé par son génie précoce, il l’aurait aussitôt pris sous son aile et se serait attaché à le former à son art. En très peu de temps l’élève égala le maître puis le dépassa à un tel point qu’aujourd’hui on considère Giotto comme étant, en grande partie, à l’origine du mouvement de la Renaissance et de l’humanisme…

Pour l’instant je n’ai pas d’exemple d’écrivain devenu très populaire grâce à un journal intime publié sur Over-Blog, mais si vous en connaissez un, n’oubliez par que le « talent ne vaut que s’il est partagé par le plus grand nombre » ! (Je dessine aussi très bien les moutons!)


[Léon Bonnat, Giotto gardant les chèvres]

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Commentaires

Bonjour, Je ne suis pas tout a fait d'accord avec le Hasard et la Chance. Cependant je crois au destin , à la destinée et pour moi le hasard n'existe pas, tout a sa raison d'être. je connais une personne qui dit souvent, le destin c'est ce que l'on subit de la vie et la destinée ce que l'on fait son destin. je pense que si l'on croit fort a ce que l'on fait ou a ce que l'on est alors on peut si l'on veut soulever des montagnes. bien amicalement catherine
Commentaire n°1 posté par catherine le 15/12/2008 à 19h09

Subtil... mais vrai...

Réponse de Marc Lefrançois le 03/04/2010 à 12h32
la vie est un peu une loterie , l'égalité des chances n'est pas parfaite mais qu'est ce qu'il l'est .... un talent de quelque nature qu'il soit finit toujours par se révéler . donc la chance appartient à tous mais pas au même moment amitiés tony
Commentaire n°2 posté par tony87000 le 15/12/2008 à 20h22
En fait, pour les italiens Giotto est le père du mouvement de la Renaissance et de l'humanisme. Une anedocte: J'ai eu la fortune de passer un de mes années sabatiques en Italie, à l'Université de Ferrara (Emiglia Romagna) pas loin de Padoue, où j'ai visitée la chapelle des Scrovegni pour admirer les fresques de Giotto qui representent l'histoire de la Vierge et du Christ, quatorze figures allégoriques en camaieu, sept Vices et sept Vertus. Proust avait visité cette chappelle en 1900. Quand plus tard, j'ai eu l'occasion de lire "Du côté de chez Swann", au cours de littérature à l'Alliance Française du Mexique, j'ai eu l'agréable surprise de constater que la beauté spéciale de ses fresques était symbolisée dans l'image de la fille de cuisine, engraissée par sa grossesse (p. 80) qui ressemblait en effet assez à les vierges qu'on trouve aux fresques, Proust présente la servante avec le même sens allégorique. Dès que j'ai découvert Proust, je lui professe une fascination sans borne, il représente pour moi une sorte de bible que je porte partout d'ailleurs...
Commentaire n°3 posté par Da Fontoura le 22/12/2008 à 02h22
Je suis tout à fait de ton avis! J'ai découvert Proust relativement tardivement, mais depuis il n'y a pas une année sans que je relise un de ses livres... Pour moi c'est l'écrivain suprême! D'ailleurs je lui ai consacré un roman qui devrait être publié l'année prochaine ou dans deux ans...
Réponse de Marc Lefrançois le 22/12/2008 à 07h47
Je suis tout à fait d'accord avec cette vision de la rencontre, et que le destin comporte une grande partie de Chance et de Hasard (quoique l'on mette sous ces mots).
Je voulais également souligner qu'en termes d'impact cela peut conduire à l'inverse : une rencontre, que l'on aurait crue providentielle, peut se retourner, et détruire toute votre vie.

Ou alors ... il a fallu une sacrée malchance ...


Commentaire n°4 posté par Aline Tilleul le 06/11/2009 à 17h13
Dis donc, tu es en train de remonter tous les articles de mon blog!
Réponse de Marc Lefrançois le 06/11/2009 à 19h08
Pas ma faute : ce blog est PASSIONNANT ...

Le risque : ne plus écrire de livre ...

A méditer !
Commentaire n°5 posté par Aline Tilleul le 06/11/2009 à 19h51

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