Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 00:45

A l'occasion des fêtes, j'ai pu revoir de vieux amis. Pour la plupart, ils ont pris une autre voie que la mienne et sont donc pleinement établis dans la société, alors qu'en ce qui me concerne mes années d'errances intellectuelles et de bohème matérielle ne sont pas tout à fait terminées. Enfin, nos joyeuses retrouvailles étaient légèrement assombries par la crise financière qui leur fit perdre beaucoup d'argent. Pourtant, le plus triste d’entre eux ne le fut pas à cause de la perte de son portefeuille d’actions : son amie venait de le quitter avant les fêtes. Il semblerait que cela soit quelque chose de relativement courant puisque ce n’est pas la première fois que j’entends parler de ce genre d’histoire. Véritablement amoureux, cette rupture inattendue fut pour lui un choc aussi douloureux que la baisse des actions N*** pour un autre ami. En amour, la désillusion est en quelque sorte fondée sur la spéculation sentimentale. Bien sûr, en bourse on peut prendre une valeur refuge, des obligations ou des parts sociales de votre banque et en amour se contenter d’un sentiment proche de l’amitié amoureuse, plein de respect et de compromission… Mais si l’un et l’autre ne présentent guère de risques, il est peu probable aussi que cela fasse un jour tressaillir le cœur d’émotion. Epictète disait qu’il faut se débarrasser de la crainte et du désir pour ne pas avoir de tyran qui puisse vous dominer, mais qui voudrait d’une telle existence dénuée de toute passion ? J’ai conseillé à l’ami qui avait perdu en bourse de se marier et à celui qui avait été abandonné d’acheter un gros paquet d’actions. En effet, je ne suis pas convaincu que le bonheur se trouve toujours dans la sagesse…

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