Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 13:08

Jérôme, un ami, vient de m’appeler. Une connaissance commune serait peut-être maintenant directeur d’une des Fnac de Paris. Il se propose d’aller lui rendre visite afin de lui demander de mettre mon livre en avant. Je ne peux que me réjouir d’une telle initiative. J’ai moi-même fait ce genre de chose à Angers.

Ce que les jeunes écrivains pas encore publiés ne savent pas forcément, c’est que s’il est relativement facile d’écrire un roman, il est certes plus dur d’être publié, mais que les difficultés ne s’arrêtent pas là. J’ai parlé de l’importance de démarcher les médias, mais il faut également le faire avec les libraires. L’artiste doit troquer son petit gilet balzacien ou son pull douteux contre la tenue du VRP. En effet, les libraires reçoivent tellement de livres qu’il leur est matériellement impossible de tous les mettre en vente. Nous, écrivains, comprenons très bien cela, mais en même temps comment pouvons-nous espérer nous faire connaître si notre livre n’est même pas en librairie…

Je suis donc allé voir celles d’Angers et j’ai demandé aimablement à ce qu’on mette mon « Botticelli code » en évidence. Cela me semblait être une demande légitime dans la mesure où je suis angevin et qu’on peut penser qu’il est juste que les libraires soutiennent au moins les auteurs de leur région. Sans compter que j’achète une vingtaine de livres par mois, ce qui doit me ranger dans le top 5 des meilleurs clients.

Chez Richer et Contact, j’ai été très bien accueilli, en revanche il est clair qu’à la Fnac le responsable était plus occupé à vendre le dernier Goncourt que de s’occuper d’un jeune auteur comme moi. Enfin, il m’a promis de mettre en avant mon roman. J’ai quand même quelques soupçons car c’était en décembre et je crois que mon livre n’est toujours pas chez eux (alors qu’il est en vente sur le site de la Fnac). Cela sent un peu le foutage de gueule. J’ai bien envie de lui envoyer mon éditrice, une italienne pas commode du tout, mais je ne peux pas prendre le risque d’être boycotté par la Fnac. Dans un autre style, je suis allé à la petite librairie de la place Freppel (à côté de la maison d’Adam). Là, plus de franchise : un partir du moment où il s’est rendu compte que ce n’était plus le client qu’il avait en face de lui mais un solliciteur importun, le sourire s’est nettement figé… « Non, nous ne travaillons que sur commande ». Une façon de me faire comprendre que tant que je ne passerais pas chez Picouly, pas la peine d’espérer être mis en avant sur sa table… C’est tout à fait son droit mais je regrette d’avoir acheté quelques Pléiades chez lui. Lorsqu’on me rend service, je sais me montrer reconnaissant et si c’est possible, je n’hésite pas à renvoyer l’ascenseur. Mais l’inverse est également vrai et j’ai bien peur qu’en même temps que ma clientèle, il ait perdu celle d’une dizaine de mes amis gros lecteurs…

Enfin, comme on peut le voir, être un jeune auteur qui cherche à se faire connaître n’est pas simple. Je sais que certains envoient leurs amis demander leur livre dans toutes les librairies possibles, je ne sais pas si c’est efficace, mais parfois je fais le rêve que des milliers d’internautes prennent spontanément l’initiative de demander le dernier Marc Lefrançois à leur libraire… En attendant, j’ai reçu aujourd’hui une carte de vœux du Conseil régional sur laquelle figure une citation d’Albert Jacquard qui illustre parfaitement l’état d’esprit qui est le mien actuellement : « Entre le pessimisme et l’optimisme, la seule certitude raisonnable est le volontarisme ».

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