Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /Jan /2009 09:47

Voilà quelque chose qui va faire bondir les professeurs. Avant de me consacrer entièrement à la littérature, j'ai moi-même enseigné le français et l'histoire donc je peux comprendre cette réaction.

En fait, je pense à un cas un peu particulier, celui des grands peintres. Ils avaient souvent un atelier et dirigeaient un certain nombre d'élèves qu'ils formaient à leur art. J'aime penser qu'ils le faisaient sincèrement et pas uniquement pour percevoir le prix des inscriptions aux cours...

Pourtant, j'ai pu voir à travers mes lectures qu'être l'élève d'un maître célèbre ne devait pas forcément être une sinécure. Rembrandt, par exemple, n'acceptait pas les élèves les plus doués en peinture, mais ceux qui savaient le mieux imiter son style. Pourquoi ? Eh bien, c'est simple, il leur faisait peindre à la chaîne de vrais faux Rembrandt qui augmentaient ainsi sa productivité. Il leur confiait le gros du travail, puis il passait derrière, corrigeait quelques détails, ajoutait une petite touche personnelle facilement authentifiable ainsi que sa signature, et le tour était joué ! Il faut dire qu'il était particulièrement motivé... Il était tellement désireux de gagner encore plus d'argent avec ses toiles qu'il avait même fait courir le bruit de sa mort afin de pouvoir, pendant quelque temps, vendre ses toiles encore plus cher...

Titien choisissait également des élèves plutôt médiocres, dénués d'un style propre et reconnaissable afin de pouvoir s'approprier leurs œuvres et c'est la raison pour laquelle il mit dehors deux élèves trop doués à son goût qui ne tarderont pas à devenir célèbre : Le Tintoret et El Greco.

Il faut dire que pour un maître, la pire chose qui puisse arriver, c'est d'avoir un élève plus doué. Toujours dans le même esprit de faire le « sale travail » par ses élèves, Verrocchio se fait aider par ses élèves pour l'exécution d'une commande : Le baptême du Christ. Léonard de Vinci aurait peint l'ange de gauche. Il suffit en effet de regarder la chevelure pour apprécier la différence avec le reste de la composition. En voyant la travail du jeune Léonard, le maître aurait tout de suite compris qu'il venait de se faire dépasser par son assistant et aurait été tellement frappé par le génie de celui-ci qu'il aurait décidé de ne plus jamais peindre...


Avoir un très bon élève peu être extrêmement satisfaisant et gratifiant, mais pour qui a des ambitions dans un art particulier, se voir dépassé par son propre apprenti peut détruire à jamais toute volonté de réaliser une œuvre...

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