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Dans un commentaire d'un de mes articles, j'avais fait part du sentiment mitigé que m'avait laissée la lecture de Faulkner. Cela avait chagriné, choqué, scandalisé une lectrice qui vouait un véritable culte à l'écrivain américain... J'ai bien peur d'en remettre une couche. Bien sûr, je relirai cet auteur et suis disposé à revoir mon jugement, mais pour l'heure je suis assez heureux d'avoir trouvé un soutien de poids en la matière de Mircea Eliade. Voilà ce que j'ai trouvé dans son journal (Fragments d'un journal I, Gallimard, 1973, p.168) concernant « Le Bruit et la fureur, de Faulkner. De tout ce que j'ai lu de lui jusqu'ici, ce livre me semble le moins réussi. La technique date : 1930, les influences de James Joyce, de John dos Passos. A quoi bon ce long, absurde, inintéressant monologue intérieur d'un neurasthénique au seuil du suicide ? La facilité prétentieuse du monologue intérieur qui vous donne une fausse impression d'authenticité. » Assez bêtement, je me sens rassuré. C'est toujours inquiétant de se retrouver être le seul à ne pas aimer une œuvre considérée comme géniale...
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