Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 00:52

Hier, j'étais l'invité d'une émission de Radio Campus pour parler de mes livres. C'était très sympa, sauf que le problème est que je suis terriblement stressé à partir du moment où je dois parler dans un micro, que ce soit à la radio ou à la télé. Ma dernière expérience en la matière, un passage sur Virgin Radio, s'était avérée assez désastreuse. J'ai donc demandé l'avis à un ami médecin qui m'a conseillé un remède qui m'est apparu d'emblée comme assez sympathique et efficace : picoler un peu avant d'y aller. Evidemment, il fallait veiller au dosage. J'ai donc estimé que trois verres de vodka pourraient convenir et ma foi, je suis plutôt content du résultat. Conversation relativement décontractée et cohérente. Heureusement car cela a duré une heure ! J'ai même relevé de ma part deux ou trois propos intelligents, ce qui était vraiment inespéré ! Enfin, cela m'a inspiré une petite poésie, un pastiche un peu léger des premiers vers du fameux poème de Rimbaud, Le bateau ivre, dont je reproduis ici le début, puis ensuite ma petite version personnelle, histoire de donner à d'autres l'envie de se lancer également dans le pastiche décomplexé...


Le Bateau Ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.


J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.


Dans les clapotements furieux des marées
Moi l'autre hiver plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.


La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !


La radio ivre


Comme je me répandais sur les ondes invisibles,

Je me sentis gagné par une chaleur:

Du gros rouge mon pinard me rendait impassible

J'avais éclusé sec pendant deux heures.


J'étais insoucieux de mon langage,

Porteur de mots intelligents ou d'idées au rabais,

Quand les vapeurs ont commencé leurs ravages

En vain on a essayé de comprendre ce que je disais.


Dans des bégayements curieux, effarés

Moi, les jeux de mots plus lourds que ceux d'un régiment,

Je discourus ! Et mon public effrayé

N'a pas subi propos plus incohérent.


Être pompette m'a guéri de ma légère déprime

Plus gracieux qu'un cochon, j'ai fait danser les mots

Qu'on caresse en douceur pour en faire des rimes,

Et pour ça, une nuit sans fermer l'œil, c'était ballot !



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Commentaires

bonjour voila je suis venue sur ton blog je le trouve tres interessant bisous
Commentaire n°1 posté par cathiana le 18/02/2009 à 11h21
Merci à toi!!!
Réponse de Marc Lefrançois le 18/02/2009 à 12h47
 Quatre strophes en alexandrins, avec des rimes riches, en alternance....j'ai essayé...

Un très beau livre
Comme je décidai d'enfin écrire un livre,

Je ne ressentais plus aucun frein à ce choix,

Pour délier ma langue, je devais être ivre

Avant que belle idée arrive et ne m'échoie.


J'étais insoucieuse de tous les bavardages

Qui, tout autour de moi s'étendaient malveillants,

N'avais plus d'attention pour vilains commérages,

Absorbée que j'étais par rêve émerveillant.


Et dans l'effervescence de mon cerveau troublé,

Moi, en ce jour plus froid que polaire nuitée,

Pour trouver un sujet, d'efforts j'ai redoublé,

Mais fait que...barbouiller...dans mon ingénuité.


Un grand bouillonnement m'a envahi l'esprit,

Bien plus tumultueux que tempête en hiver,

Et superbement j'ai décidé que mépris

Pour les jaloux j'aurai, et j'écrirai en vers !


v

Commentaire n°2 posté par Elisa le 18/02/2009 à 12h07

Voici ma petite contribution à cette page de pastiches ( Proust, y excelle tellement !)...

Métropolitain

 

Comme je respirais les effluves prévisibles

Je ne ressentis plus qu’un grand mélo d’odeurs.

De vagues sons montaient dérisoires et risibles

N’ayant d’autre vertu que d’en masquer l’horreur.

 

J’étais trempée des pluies, qui s’abattent sauvages

Sauceuses très habiles et très peu distinguées.

Quand le métro stoppa près du quai en pavage

Le flot m’a emportée bien que contre mon gré.

 

Dans le tohu-bohu affolant de l’arrêt

Moi, alors plus folle que d’un prince charmant

Je tombais ! Et mon sac renversé

N’a pas subit plus grand, ni sale piétinement.

 

Les passants ont bien vu cette pauvre victime

Promptement m’ont conduite, direction : chez l’hosto 

Qu’on informe de suite de cette histoire intime.

Deux mois ! de plâtre et de radio…


Et merci à toi d'avoir mis à jour le lien pour mon blog...
A bientôt 

 

Commentaire n°3 posté par Pascaline Hamon le 18/02/2009 à 15h07
Etant toujours stressée lorsque je devais prendre la parole pour un exposé devant un tout petit public : les autres étudiants et le prof, je me demande ce que la vodka aurait eu comme effet.
Charmant pastiche.
J'ai tenu ma promesse, je suis venue, j'ai lu, cela m'a plu...
Commentaire n°4 posté par Harmony le 18/02/2009 à 18h08

J'aurais dû en prendre lors de ma dernière vidéo, mais cette fois-ci je n'ai pas eu le temps...

Réponse de Marc Lefrançois le 19/04/2010 à 23h28
salut
en effet belle prestation hier à la radio je n ai malheureusement pas entendu l'émission en entier (je partais au boulot) mais c 'etait sympa et les verres de vodka n'ont en rien altéré les propos ou l'élocution....
le dosage devait donc etre le bon   lol
en plus quasi fini le "petit roman" .....
Commentaire n°5 posté par cecile le 18/02/2009 à 19h09
ivresse des sens, ivresse des corps, ivresse des mots ou ivresse tout court, simplement se laisser porter sans guide et sans règle... d'ailleurs cela t'a bien réussi ! bravo
Je reviendrais sur ton blog et m'y plongerais un peu plus en me laissant bercée par ce flot de mots avec plaisir
bises
Marina
Commentaire n°6 posté par marina le 18/02/2009 à 19h19
C'est marrant ce que tu dis, car j'ai le même probleme et ma soeur m'a toujours conseillée de faire ça : boire un coup avant ! J'ai toujours eu peur de sauter le pas craignant le surdosage lol, mais à voir ton expérience réussie, c'est sûr, la prochaine fois,  des bières passeront par là... :)
Commentaire n°7 posté par Dalyna le 19/02/2009 à 09h48
Je ne sais pas si la bière est le meilleur alcool car, pardon pour ce point de vue très pragmatique, mais cela fait aller aux toilettes et si on est coinçé une heure ou deux, dans une interview cela peut s'avérer quelque peu délicat... c'est la raison pour laquelle j'ai opté pour de l'alcool fort. Eh oui, boire de la vodka peut aussi être le fruit d'une réflexion intense!
Réponse de Marc Lefrançois le 19/02/2009 à 10h09
C'est exactement ce que m'a dis mon copain lol... Décidemment... ! Mais vodka ca risque de me torcher en moins de 2 donc vin maybe ?
Commentaire n°8 posté par Dalyna le 19/02/2009 à 10h21
vin diou tu commence fort!!!!!! vodka mdr
oui pourquoi pas si sa ta aider mais je sais ce que sais de se trouver devant des tas de personnes et de se sentir mal a l'aise. pas pour les meme raison que toi . moi c'etait mon gros handicap en etant plus jeune et oui trop timide trop reservée sa ma suivi de l'ecole jusqu'a une partie de ma vie de taf. pas évident du tout crois moi. un handicap qui t'empoisse la vie. heureusement pour moi qu'avec les années j'ai pu changer tout sa. mais au fond de moi quelque part il y a des fois ou je me bat pour que cela ne refasse pas surface.
Commentaire n°9 posté par reveuse49 le 25/02/2009 à 00h25
bonjour pourrions nous dialoguer sur votre livre?
Commentaire n°10 posté par atlantissia le 27/02/2009 à 18h42

Ais-je répondu ou pas à votre demande? Je ne sais pas, mais si vous lisez ceci, n'hésitez pas à reprendre contact!

Réponse de Marc Lefrançois le 21/04/2010 à 00h03
Oh mon dieu...
Commentaire n°11 posté par M. le 07/08/2009 à 16h35
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