Partager l'article ! 500 euros et 500 secondes par Marc Lefrançois: On vient de me proposer de participer à un petit exercice d'écriture qui semble actuellement à ...
On vient de me proposer de participer à un petit exercice d'écriture qui semble actuellement à la mode dans le monde des blogs. Il s'agit de rédiger un texte sans autre contrainte que d'évoquer ce que l'on pourrait faire s'il nous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Bon, comme je n'avais pas tellement envie d'y penser, n'ayant jamais eu si peu de temps devant moi à vivre et autant d'argent à dépenser... alors je laisse la main à ce cher Trophime Abramovich qui devrait bien nous trouver quelque chose d'intéressant à faire...
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Trophime Abramovich était fasciné par la mécanique céleste et ses lois immuables. Il était impuissant à déterminer ce qui régissait le cosmos, même si, chaque matin, il consacrait une bonne partie de son petit déjeuner à chercher à comprendre les lois de l'univers. Peut-être devait-il étendre ses investigations métaphysiques aux coupures publicitaires ainsi qu'à sa pause café et à son goûter... Enfin, il y avait une chose qu'il était parvenu à établir avec une quasi certitude, c'est que tout s'équilibrait plus ou moins. Bon et mauvais ne formaient que l'avers et le revers, le pile et face d'une même pièce. Et en effet, la vie de Trophime Abramovich était gouvernée par une constante alternance de bonne et de mauvaises nouvelles. Quelques jours plus tôt, il avait fait la connaissance d'une très belle femme dans la rue. Très bonne chose. Elle l'avait ignoré et méprisé. Mauvaise chose. Trophime restait donc seul, ce dont il s'attristait profondément quand venait le soir et son cortège de désirs. Chose attristante. Puis venait le réveil et son rituel de la matinée et alors Trophime éprouvait le bonheur à être seul et parfaitement libre. Chose enivrante... Alors, puisqu'il était pourvu d'une logique implacable et toute mathématique, Trophime s'imaginait bien que cette loi d'équilibre qui régissait son existence en faisant alterner bonnes et mauvaises choses, devait s'étendre à un univers plus vaste que celui de sa petite personne. Le monde entier devait connaître cette oscillation perpétuelle entre le bon et le mauvais, le bien et le mal, le bonheur et le malheur... Enfin, peut-être que ce grand principe cosmique échappait aux autres gens... Trophime n'avait pas suffisamment de relations pour savoir si les autres personnes s'étaient rendues compte que la vie était ainsi... Bien sûr, il aurait voulu informer les gens de sa formidable découverte (dans la vie, on monte puis on descend, puis on monte, puis on descend) mais il ne savait comment la formuler (après la pluie le beau temps ?)... Comment faire comprendre simplement sa formidable et géniale intuition de la mécanique cosmique ? Le pire, est qu'il n'avait pas le temps pour cela. En effet, il ne restait à l'humanité que 500 secondes à vivre. A l'humanité, au monde, à l'univers... mais pire encore, à Trophime Abramovich. Cela le confirmait dans l'idée que tout était interconnecté. Enfin, ça, c'était la mauvaise nouvelle : 8 mn et 33 secondes à vivre. La bonne, c'est qu'il pouvait disposer désormais des économies d'une vie pour s'amuser pleinement pendant tout le reste de son existence. C'était la bonne nouvelle : 500 euros, représentant toute une vie de non labeur... Et maintenant son rêve allait se réaliser. Non pas mourir dans 500 secondes, mais passer le restant de sa vie à ne rien faire et vivre (ou plutôt mourir) de ses rentes... Enfin, ses réflexions avaient sérieusement entamé sont crédit de temps. Combien de secondes lui restaient-il ? Difficile de le savoir, sans de complexes calculs... Il n'avait plus le temps pour cela car il s'était promis de finir sa vie dans la plus complète oisiveté (il n'aimait pas le changement)... Il fit donc ce que devait faire tout homme se retrouvant soudainement avec une fortune à dépenser. Il se mit à rêver. Rêver à la façon de le dépenser. Rêver à la façon de l'économiser. Rêver à la meilleure cachette. Rêver à la manière de flouer le fisc. Rêver à la tête de ses voisins... Une succession de rêves furtifs qui s'enchaînèrent jusqu'à ce que la mort, ou autre chose, vienne figer son sourire béat pour l'éternité...
vous me faites rappeler l'eerciced'une ecriture qui consiste a ecrire un tete sans la lettre 'e'
au plaisir de vous lire toujours et toujours
Mercure Libre
Oui, je suis un éternel rêveur...
Rebonjour Marc,
Je suis contente de voir que vous avez participé à ma proposition.
Veuillez m'excuser pour le lien invalide car j'ai effacé la page (pour la mettre en article) où il est possible de commenter.
Votre écriture est très fluide… j'ai une remarque que je voulais indiquer, mais je me ravise (1) pour ne pas influencer les éventuels commentaires et avoir plaisir à revenir pour découvrir ce que l’on pense de votre texte.
Bonne fin de journée et bravo pour le répondant !
Bernadette Couturier
(1) Je vais l'écrire ici mais là je n'ai plus le temps !
n'est ce pas trop dur quand on est mathématicien de se
réduire à une oisiveté ?
le rêve permet de survoler le temps et il est donc surprenant
que ce texte se finisse si vite.
Bravissimo, cela m'a donné l'envie de me lancer ...
dans l'écriture.
Vincenzo
Pour vous
Projet d’art postal « Une bouteille à la mer » (mail art)
Et
Projet d’installation d’une oeuvre rencontrela création. En chacun de nous sommeille un créateur, son expression singulière est riche. Qu’une œuvre d’un artiste connu voisine avec celle d'un enfant ou d'un peintre amateur.... Que chacun ait une place...Chacun apporte son maillon créatif à une oeuvre collective cohérente.
« Une bouteille à la mer »
Une « oeuvre rencontre » est l’idée d'un partage simple, d’une possible rencontre à travers
Pour en savoir +
http://bouteille.a.la.mer.over-blog.com/
Merci de ta visite!
je suis en ce moment en train de lire le droit de rêver de G. Bachelard, et cet envahissement du rêve, ce rapport au masque me font furieusement penser à Bachelard. C'est bien vu, passer le rester de sa vie à rêver ; c'est très sensé, très logique et très artistique...
Pour le reste, j'aime bien l'idée de l'esprit géométrique du héros littéraire... Qui finalement avec 500 je sais plus combien d'euros passe du calcul aux rêves, de la mathématique à la littérature... ou de la littérature à un rêve de mathématique ???
moi j'ai fait beaucoup plus simple !
amicalement
TRINITY
Merci! N'hésite pas à repasser me voir, j'ai de nouveaux textes!
As tu prevu de publier des nouvelles?
Dans ce genre je veux dire...
D anciens texte ou des nouvelles plus recentes, ce serai super!
j'ai bien aimé votre texte à 500€ en 500 secondes.
amitié, V.
PS J'ai mis votre blog en lien chez moi, pour arriver le plus vite chez vous, bonne aprem.
Une belle histoire Marc ! J'aime beaucoup ! Elle fait réfléchir !
Je crois que je téléphonerais à mon fils qui est à l'autre bout de la France pendant ces 500 secondes, je lui dirais tout et n'importe quoi, des bêtises comme on s'en raconte toujours, on rigolerait, on pleurerait certainement aussi ! et tant pis pour les 500 euros qui ne serviront pas !
Oui, tu as raison!