Le plaisir n'est que l'ombre du désir. J'ai souvent pensé que l'attente d'un agrément un peu vif et piquant était bien plus riche et bien plus satisfaisante que le plaisir lui-même, trop rapidement satisfait et presque déjà oublié. Le bonheur ne peut s'éterniser que dans l'attente. Je désire, je désire... mon attente s'éternise, sans cesser pour autant de jouir en avance de mon plaisir. Et finalement, tant que je n'ai rien obtenu, tant que je n'ai rien dégradé par la possession ou par la désillusion, je suis heureux. De ce bonheur de celui qui croît encore que la vie est un champ de roses parfumées...