Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 00:28

« A côté d'un livre comme « Les fleurs du mal », comme l'œuvre immense d'Hugo paraît molle, vague, sans accent ! » Qui d'autre que Marcel Proust aurait pu se permettre ce genre de jugement ? Il est vrai que pour beaucoup d'écrivains, Victor Hugo était un peu trop « grand poète officiel » et que nombreux ont considéré que « Notre dame de Paris » était assez mal écrit et « Les misérables » un peu trop cousu de fil blanc (mais c'est un de mes livres préférés !)... Il est vrai qu'il lui manquait la folie géniale d'un Baudelaire, d'un Verlaine ou d'un Nerval. Il n'en reste pas moins que c'est un des plus grands écrivains français et un des rares à pouvoir briguer le statut de génie des lettres, même s'il s'est reconnu comme tel de son vivant et que cela a pu naturellement lui valoir quelques animosités de la part de confrères plus modestes ou plus médiocres. Je ne peux quand même m'empêcher de l'admirer et pour témoignage de son incroyable inventivité créatrice, je ne citerai pas un extrait de ses œuvres officielles mais une anecdote qui révèle parfaitement le génie de l'homme : Un jour, il croise un aveugle, un vieux soldat qui fait la manche dans la rue. Généreux, il lui donne quelques sous, puis se ravise. Cela ne suffit pas. Il se saisit de la pancarte du vieil homme et écrit quelque chose qui fait aussitôt grimper en flèche les recettes du mendiant :


« Aveugle comme Homère et comme Bélisaire

N'ayant rien qu'un enfant pour guide et pour appui,

La main qui donnera du pain à la misère,

Il ne la verra pas, mais Dieu la voit pour lui. »

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