Partager l'article ! Coco Chanel: Les petits esprits se repaissent des erreurs du génie, comme les nuisibles se réjouissent de l’arrivée de la nuit pour pouv ...
Les petits esprits se repaissent des erreurs du génie, comme les nuisibles se réjouissent de l’arrivée de la nuit pour pouvoir sortir de leur trou.
Cette tendance à débusquer chez les artistes certaines erreurs de jugement, les faiblesses d’un moment, les égarements d’une époque, est assez déplorable. Il y a une sorte de passion de la dénonciation qui me semble assez méprisable car s’exerçant toujours à rebours, avec la sécurité de l’éloignement et l’assurance d’un héroïsme facile.
Ainsi, je trouve assez navrante cette biographie de Coco Chanel écrite par le journaliste américain Hal Vaughan : « Sleeping with the enemy, Coco Chanel’s secret war » (Au lit avec l’ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel).
S’engouffrant dans certains vides de la vie de Mademoiselle, le journaliste affirme que celle-ci a été recrutée par l’Abwehr, les services de renseignements de l’état-major allemand et serait devenue l’agent F-7124, chargée notamment de recruter de nouveaux agents.
En fait, il ne fait qu’exploiter le trouble venu de ses sympathies plutôt louches avec l’occupant, dont une grande part doit être due à sa relation passionnée avec Günther von Dinklage.
C’est sûr qu’elle n’est jamais passée pour une résistante, mais la voir en espionne nazie semble vraiment ridicule. Elle n’a d’ailleurs guère été inquiétée à la Libération par les FFI. Ce qui fera dire à Sacha Guitry, toujours avec le même sens de l’humour, qu’ « elle a été arrêtée à cause de ses relations, et libérée grâce à ses relations. »
Et certes, ce n’était pas un personnage sympathique, on connaît son antisémitisme, son âpreté au gain, son insensibilité… Mais plutôt que de juger a postériori une femme, il me semble plus intéressant de connaître la créatrice. Comme pour les écrivains qui, selon Marcel Proust, se révèlent toujours inférieurs à leur œuvre.
Et concernant l’œuvre de Coco Chanel, je viens de voir un très beau reportage diffusé par la 5, et qu’on peut donc revoir sur le site Pluzz.fr.
« Dans une réception, si l’on dit à une femme : Quelle belle robe ! C’est que sa robe est ratée. Mais si l’on dit : quelle belle femme ! C’est que sa robe est réussie. »
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