Partager l'article ! Conseils pour être publié ou pour sortir de prison: Ces derniers temps, je n’arrête pas de recevoir des messages via l’onglet « cont ...
Ces derniers temps, je n’arrête pas de recevoir des messages via l’onglet « contact » de mon blog.
Hélas, il s’agit moins de mots doux d’admiratrices que des demandes presque quotidiennes de jeunes écrivains voulant que je lise leur manuscrit, que je les corrige, voire que je les pistonne auprès de mes éditeurs.
C’est tout de même curieux. Je n’ai jamais eu l’idée de faire ce genre de démarche. Peut-être est-ce un tort. Mais bon, j’ai toujours préféré fonctionner à l’ancienne, c’est-à-dire envoyer mes manuscrits par la poste, même si au final cela ne donne qu’une chance sur mille d’être publié.
Enfin, ça m’amuse quand même. C’est qu’en général, ils s’y prennent vraiment très mal. Ben oui, on n’écrit pas à un auteur en lui demandant cash qu’il travaille gratuitement à votre œuvre, qu’il vous consacre du temps et qu’il fasse jouer ses relations tout simplement parce que vous lui avez demandé gentiment…
Non, il faudrait quand même y mettre un peu plus de formes.
Je ne sais pas moi… faire au minimum semblant de s’intéresser à ses écrits. Le flatter un peu. Dire qu’on cherche un mentor, un guide…
Oui, ça a l’air idiot, mais croyez-moi, ça marche ! Inconditionnel des biographies d’écrivains, je suis souvent tombé sur des lettres assez savoureuses. Des écrivains flattés d’une façon éhontée par de jeunes auteurs inconnus, et trouvant la chose tout à fait naturelle... C’est que l’écrivain est l’animal le plus égocentrique et narcissique qui soit !
Il faudrait que je retrouve ces passages.
Il y a presque là matière à écrire un livre dans le genre : Histoire des flatteries d’écrivains.
Enfin, la dernière anecdote que j’ai pu lire à ce sujet concerne Blaise Cendrars.
Septembre 1912. Cendrars revient de New-York et s’installe dans le Paris bohème. Il est complètement fauché. Il n’a pratiquement encore rien écrit, a essayé de lancer une revue, mais en vain. C’est la misère.
Un jour, il passe devant la librairie des éditions Stock et découvre dans la vitrine L’Hérésiarque & Cie d’Apollinaire, qu’il admire beaucoup. Il commence à le lire et est enthousiasmé par sa lecture. Hélas, il n’a pas assez d’argent, alors il glisse le volume dans sa poche et s’éloigne. Malchance : un agent passe par là, le surprend, l’arrête et l’amène au Dépôt.
Que fait alors Cendrars pour s’en sortir ?
C’est tout simple, gonflé comme il est, il écrit à Apollinaire pour lui dire son admiration et lui demander dans la foulée de régler pour lui sa dette aux éditions Stock et intervenir pour le faire libérer…
J’aime penser qu’il a été entendu.
En tout cas, et sans transition aucune (car je me garde bien de me mettre sur un pied d’égalité avec l’illustre poète), j’aime autant prévenir que moi, si on commence à piquer mes bouquins en librairie, je ne suis pas sûr d’être joignable !
Derniers Commentaires