Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 00:31

Il n’y a que ce cher Babal pour en parler aussi bien :

« Un soir, au milieu de la rue, un matin en se levant, ou au sein d’une joyeuse orgie, il arrive qu’un charbon ardent touche ce crâne, ces mains, cette langue ; tout à coup, un mot réveille les idées ; elles naissent, grandissent, fermentent. Une tragédie, un tableau, une statue, une comédie, montrent leurs poignards, leurs couleurs, leurs contours, leurs lazzis. C’est une vision, aussi passagère, aussi brève que la vie et la mort ; c’est profond comme un précipice, sublime comme un bruissement de la mer ; c’est une richesse de couleur qui éblouit ; c’est un groupe digne de Pygmalion, une femme dont la possession tuerait même le cœur de Satan ; c’est une situation à faire rire un pulmonique expirant ; le travail est là, tenant tous ses fourneaux allumés ; le silence, la solitude ouvrent leurs trésors, rien n’est impossible. Enfin, c’est l’extase de la conception voilant les déchirantes douleurs de l’enfantement. »

Honoré de Balzac

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