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Je viens de terminer la lecture de celui que Stendhal présentait comme « L’homme le plus intelligent de
France » : Paul-Louis Courier, par Alain Dejammet, éditions Fayard, 683pp. J’en avais tiré un article concernant son père en décembre
dernier : « Confitures et déconfiture » : link
Je suis quand même un peu déçu. J’aime beaucoup cette édition dans laquelle j’avais lu une biographie de Balzac et une autre de Barbey d’Aurevilly et je m’attendais donc à quelque chose de substantiel et d’entraînant. Certes, il s’agit d’un livre bien écrit et qui est le fruit manifeste de profondes recherches et d’une grande connaissance de ce pamphlétaire du XIX°, mais j’ai trouvé que cela manquait de souffle et traînait quelque peu en longueur. J’aurais préféré que soit développé un peu plus le côté littéraire de Courier mais au lieu de cela on a des pages et des pages concernant la tache d’encre qu’il a répandu sur un manuscrit de Daphnis et Chloé, sur son procès avec des voleurs de bois, ses problèmes de propriétaire foncier et son mystérieux assassinat (d’un coup de fusil au coin d’un bois). Dommage car l’homme est assez fascinant. J’ai néanmoins souligné quelques passages qui m’ont plu comme celui-ci :
« Ce bonheur qu’il veut franc, sans détours, Courier pense le trouver dans les choses de la vie plus que dans le commerce de ses semblables. Un homme, une femme, peuvent mentir. Un objet ne trompe pas. Un livre peut faire illusion un instant, mais il est à la merci du lecteur qui le tourne et le retourne, le soupèse, l’évalue, le scrute à loisir, dispose de tout son temps pour en extraire la quintessence, le vrai. D’où le culte de Courier pour les livres : « Les livres sont ma seule société » écrit-il… » (p.643)
Pour l’anecdote, cette passion semble s’être transmise à ses descendants, parmi lesquels un plutôt inattendu : le tennisman américain Jim Courier (dont PPDA prononçait le nom à la française alors que tous les autres disaient « courir ») qui aimait faire les bouquinistes des quais de la Seine et à qui il aurait confié avoir l’écrivain français comme ancêtre.
Citation de Paul-Louis Courier : « Rendons aux grands ce qui leur est dû; mais tenons-nous en le plus loin que nous puissions ».
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