Wittgenstein était incapable de préparer ses cours et de les lire devant ses étudiants. Il en allait de même pour ses conférences où il ne pouvait absolument pas suivre ses notes. Les pensées ainsi proférées lui semblaient « éventées » et les mots devenaient autant de « cadavres » quand il se mettait à les lire.
Finalement, cela me rassure et me console de ma propre incapacité à lire correctement un texte devant un public. Ma conférence en Bretagne s’est très bien passée, mais pour cela j’ai dû mettre de côté la dizaine de pages que j’avais préparées et tout faire de tête. Cela manquait sans doute un peu de structure, mais j’y ai beaucoup gagné en spontanéité et en entrain. Il faut dire que le whisky y a beaucoup aidé : « tu as plu quand tu as bu »… Et comme cela a bien marché, j’ai décidé de me lancer dans une tournée de conférences.
Je viens d’écrire aux directeurs des médiathèques de Tours et du Mans (pour Angers, j’ai un autre truc prévu en novembre). On va bien voir ce que ça donne. Normalement, cela devrait les intéresser, mais il y a quand même une différence entre être « repéré » et invité lors d’un salon et prendre soi-même l’initiative. J’imagine que ces directeurs vont être quelque peu surpris par la thématique de ma conférence : la vie sexuelle des grands écrivains. On va bien voir s’ils prennent la peine de vérifier mon sérieux ou ma légitimité, ou s’ils envoient mon courrier directement à la poubelle…