Lundi 25 novembre 2013 1 25 /11 /Nov /2013 00:05

Car oui, c'est plus un voyage dans le temps qu'un pèlerinage que j'ai eu l'impression de faire samedi dernier.

Comme on le sait (en tout cas, comme moi je le sais!), il ne me reste plus que trois semaines pour terminer le livre sur lequel je travaille. Aussi, j'ai supprimé tout ce qui peut être de l'ordre de la dissipation chronophage, limitant mes déplacements à la bibliothèque et au ravitaillement. Le problème étant que le changement dans les délais à bouleversé mon planning et que je dois faire à la fois mes recherches documentaires et passer à la rédaction définitive des chapitres.

Ainsi, pour la journée de samedi, j'avais prévu d'aller exceptionnellement à la Bibliothèque Universitaire de Lettres d'Angers. Ce qui ne manquait pas d'être un peu émouvant dans la mesure où je n'y suis pas allé depuis une quinzaine d'années.

   

C'est donc un véritable retour vers le passé qui débute avec le bus. Je monte hardiment dedans, met un euro devant le chauffeur et demande deux tickets (pour l'aller-retour). Regard un peu interloqué du chauffeur où je sens bien que l'incrédulité se nuance d'un peu de mépris :

« Vous savez, maintenant ce n'est plus des tickets mais des billets, et vous n'avez pas mis assez pour un seul ».

Une assez peu agréable réflexion sur l'enchérissement du cours de la vie accompagne donc ma pérégrination jusqu'à l'université. Le bâtiment principal étant fermé pour cause de week-end, je sais qu'il faut le contourner pour avoir accès la BU. Devant moi, un étudiant se dirige aussi vers la bibliothèque. Entre les deux, je me souviens qu'il y a une sorte d'impasse que je me garde bien d'emprunter... contrairement à l'étudiant qui se trompe de chemin.

Petite réjouissance intérieure, je n'ai finalement pas tout oublié de mes années d'études.

Arrivé à la BU, je prends aussitôt à droite et me précipite aux toilettes. Changement des temps, je me retrouve dans les toilettes pour dames, la direction ayant choisi, entretemps et pour une raison mystérieuse et obscure, d'intervertir les toilettes pour hommes avec celles pour femmes.

Autre nouveauté: à l'entrée se trouve en évidence un distributeur automatique… de bouchons d'oreilles. Les esprits libertins penseront sans doute qu'on se serait plus attendu à un distributeur de préservatifs. Les distributeurs de bonbons et autres gourmandises innocentes remontant à des temps trop anciens pour que je m'en souvienne…

Aimable discussion avec la personne chargée de l'accueil qui est particulièrement agréable et souriante. Voilà qui me change de La Poste…

Enfin, la BU est à peu près la même que celle que j'ai connue. Il est vrai qu'elle était alors toute neuve… Je suis même surpris, lorsque je rentre dans la salle des thèses, d'y retrouver l'antique machine destinée à lire les microfiches. Hélas, comme on m'avait prévenu, le système est devenu trop archaïque et je n'arrive pas à lire les microfiches que je veux. Tant pis pour les thèses, reste à me rabattre sur les livres. J'en cherche quelques uns d'assez pointus que je pense trouver dans une bibliothèque universitaire. Petite déception. Ils sont loin d'avoir tout ce que je veux. Notamment un ouvrage d'Antoine-Isaac Silvestre de Sacy que j'avais hâte de lire… J'ai même pu constater que dans certains domaines ma bibliothèque était plus complète que la leur…

Enfin, j'arrive à trouver mon bonheur et travaille pendant toute la matinée.

Pour la pause déjeuner, j'opte pour le prestigieux bar-restaurant Le Beaussier. Prestigieux, il le fut surtout à nos yeux d'étudiants fauchés, quand avec mes amis ont décidait de s'octroyer le luxe d'une heureuse alternative gourmande à l'incontournable et tristounet restaurant universitaire.

Aussi, ma situation financière ayant légèrement progressé depuis, je me suis fait le plaisir d'un repas complet, et non d'une simple pizza comme autrefois. Mieux encore, pendant le café, je sors mon ordinateur portable pour y taper quelques notes. Certes, depuis cette époque nostalgique (car appartenant à ce paradis perdu qu'est la jeunesse), j'ai un peu plus de cheveux blancs et un peu plus de kilos, mais je ressens quand même la grande satisfaction de me dire qu'à l'époque j'aurais vraiment été heureux de savoir que je reviendrais, quinze ans plus tard, pour y travailler sur un dixième livre, mon désir d'être écrivain enfin réalisé...

Et en rentrant, j'ai la surprise de me rendre compte que je n'ai même pas eu la curiosité de taper mon nom sur les ordinateurs de la BU pour savoir s'ils avaient mes livres. Mon Ego se tient donc dans des limites tout à fait acceptables...

 


 


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ISSN : 2267-0742

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