Le blog de Marc Lefrançois
Aujourd'hui, je suis allé chez le coiffeur.
Je ne sais pas ce qui m'a pris, sans doute le printemps et le désir d'un « rafraichissement ». J'imagine volontiers qu'il y a des événements plus intéressants à raconter, mais si, comme moi, il vous arrive de lire les journaux des écrivains, vous aurez peut-être remarqué la complaisance avec laquelle ils s'attardent à parler de choses complètement inintéressantes...
Eh oui, l'écrivain n'est pas une machine à penser et on peut le trouver, dans sa vie ordinaire, beaucoup plus petit et mesquin que son image de créateur. A propos de mesquinerie, et pour en revenir à mon histoire de coiffeur, si j'évoque cet épisode palpitant de mon existence, c'est que j'y ai assisté à une petite scène qui n'a pas manqué de provoquer chez moi toutes sortes de réflexions.
Un homme assez élégant, la quarantaine, est assis dans le fauteuil voisin. Tout laisse à penser qu'il doit
occuper dans la hiérarchie sociale une place relativement élevée et confortable...
Le coiffeur s'empresse aussitôt de connaître les souhaits de ce client en matière de coupe et s'apprête à commencer son travail. Comme de bien entendu, avec une conscience et une habileté toute professionnelle, il lance aussitôt la conversation sur le sujet qui s'imposait : le retour du beau temps.
Pas de réaction.
Voyant le peu d'effet de ses réflexions climatologiques, le coiffeur passe donc aussitôt au deuxième sujet : le SCO (l'équipe de football d'Angers) avec un enthousiasme et une faconde qui commencent à me fasciner jusqu'au moment où il est stoppé net par l'intervention du client en question : « Ecoutez, je ne m'intéresse aucunement aux résultats sportifs et je ne prête aucune attention aux considérations météorologiques, je vous demande donc de vous concentrer uniquement sur votre travail ».
On imagine facilement la mine décomposée du coiffeur, frustré d'une dimension essentielle de sa profession et brimé par un client aussi peu délicat.
Pendant ce temps, j'étais entre les mains d'un autre coiffeur, tout heureux d'avoir trouvé un client plus
disposé à discuter.Nous avons abordé toutes sortes de sujets, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'indiquer d'une façon très subtile ma dédicace de samedi prochain. Evidemment, attention redoublée du
coiffeur et de son collègue qui, du coup, s'est rabattu sur nous. « Oh, mais ainsi vous êtes écrivain, et qu'est-ce que vous écrivez ? ». Comme d'habitude, j'ai eu mon petit succès
lorsque j'ai commencé à leur parler de ma « Vie sexuelle ». Intérêt général dans le salon puis intervention étonnante de mon voisin de fauteuil (l'indélicat) soudain devenu affable et
courtois : « Vous êtes écrivain, c'est génial ! Et vous travaillez sur un projet en particulier ? » Et là, moi de répondre, d'une façon tout à fait sournoise :
« En fait, comme en ce moment il fait beau, je ne travaille pas, préférant profiter du soleil, mais j'ai comme projet d'écrire l'histoire du SCO »...
Silence gêné du type et sourires complices des coiffeurs...
Ah, il faut bien s'amuser un peu de temps en temps...
PS: Cela dit, le coiffeur a quand même complètement foiré ma coupe et donc, en rentrant chez moi, je me suis
saisi de ma tondeuse et j'ai tout rasé! Pour juger du résultat, il faut venir me voir samedi prochain!!!
Comme j'aime bien couper les cheveux en 4, j'ai lancé une petite enquête littéraire sur mon blog... Aors je t'invite à participer, ton opinion m'intéresse...
Amitité.
mirella
Plus de cheveux aïe aïe aïe !!!! est ce bien raisonable !!!!
Tu as bien agi car le fait d'appartenir à une classe sociale élevée n'empêche pas la courtoisie, le respect et la politesse.
Dommage que tu aies dû tout recommencer après ! Mais au moins tu t'es fait des fans supplémentaires !