Le blog de Marc Lefrançois
Je me suis presque fâché avec un de mes amis parisiens que j’avais hébergé chez moi pendant un jour ou deux (à l’époque où j’étais encore un peu sociable). Il avait commis ce qui constituait à mes yeux l’hérésie suprême : prendre un de mes livres pour aller le lire aux toilettes. En plus, je me souviens qu’il en avait pris un beau dont je prenais un soin particulier.
Déjà l’idée de voir la lecture, un acte presque sacré représentant ce qu’il y a de plus noble dans l’humain, associé à l’une des activités les plus triviales de l’homme, m’avait profondément révolté, mais le bibliophile que j’étais ne pouvais supporter l’image d’un livre précieux traînant dans les toilettes. Certains pourraient y voir une sorte de maniaquerie ridicule, mais cela ne m’avait pas empêché de lui passer un sacré savon (et pas seulement pour qu’il se lave les mains…).
D’autres amoureux des livres ont cependant un point de vue divergeant, comme Henry Miller : « Toutes mes bonnes lectures ont lieu aux toilettes. Il y a des passages d’Ulysse qu’on ne peut lire qu’aux toilettes – si on veut en extraire toute la saveur du contenu ». Cela dit, c’est particulièrement amusant, cocasse et truculent de voir le traitement qui est réservé à l’œuvre de James Joyce lorsqu’on connaît les fantaisies sexuelles de ce dernier !
C'est marrant ce sujet. Je suis à la fois pour et contre le fait de lire aux toilettes. D'une part, c'est pas très hygiénique, quoique se lécher les doigts pour tourner les pages a un peu passé de mode ; d'un autre côté, on peut faire des découvertes intéressantes : je connais quelqu'un qui a beaucoup de livres dans ses WC, et du coup j'ai découvert des sujets et des auteurs que je ne connaissais pas vraiment...
Par contre attention à ce que vous laissez dans vos WC : la même personne -boulimique de livres en tous genres- avaient laissé en évidence des ouvrages sur la religion, un autre signé Bayrou,
plus un exemplaire de l'Express. Une personne de "gauche" est entrée pour faire ce qu'elle avait à faire, mais est ressortie avec un drôle d'air... Pourtant es livres ne reflétaient pas
spécialement la personnalité de la personne en question, puisqu'elle est apolitique. Comme quoi, dans les toilettes, il n'y a pas que l'odeur qui puisse poser problème !
1. Pour une conception intimiste de la littérature... et des chefs d'oeuvres...
2. Bien pratique quand tu dois lire un livre qui ne t'intéresse pas... ( ça existe, hélàs! ...)
Et oui, c'est contradictoire, mais n'est-ce pas cela qui fait le charme des lettres ?
3. Pour avoir la paix quand tu lis et que tu vis en collectivité...
Je me souviens aussi d'une prof de classe prépa qui avait même recommandé une édition spéciale de Montaigne pour mettre dans les toilettes si on voulait le lire chez le duc d'Aumale dis-je toujours (en référence à Proust...)
Ma fille (35 ans), qui est claustro, n'a jamais voulu fermer la porte et aime assez que l'on vienne discuter avec elle (quoi qu'elle fasse !). Il lui faudrait donc prévoir des toilettes plus grandes pour être "le dernier salon où l'on cause"...
Marc, rassure-toi, tout le monde respecte les livres, et se lave soigneusement les mains !!!
J'avais mis les livres que je possède, de l'auteur Marc Lefrançois, dans les étagères (pleines de livres !) de mes toilettes...
Mais....je viens de les retirer....par respect pour l'opinion de l'auteur sur le sujet.
Dommage, peut-être, on m'avait questionnée sur l'un d'eux, suite à passage dans le fameux endroit, on avait feuilleté... c'est un des chemins de la promotion (?)...qui sait....
Pour le fond du sujet, quand j'étais petite, pour échapper à la corvée de vaisselle, je prétendais après les repas avoir une envie...et pour que ça dure assez longtemps sans que je m'y ennuie, je prenais, en cachette, un livre ! que de grands classiques, n'ai-je découverts ainsi !
J'adhére tout à fait à Ribaud disant :
- " Il pensait, là, tranquille, enivrant ses narines" ...
Endroit que l'on peut rendre très agréable avec une tablette où poser sa tasse de café et une mini étagère où entreposer quelques livres de poche -aphorismes, courtes nouvelles, journal- le tout à savourer ( principe du "cumul des plaisirs" !).
Mais bien sûr, on n'y emportera que des livres peu fragiles, ou bien celui qu'on lisait à l'instant et dont rien ne saurait interrompre la lecture.
Essayez donc !