Le blog de Marc Lefrançois
On a beaucoup parlé du documentaire passé hier soir sur Arte, « La face cachée des fesses », et pourtant je ne l’ai pas vu, préférant regarder un film : « L’attaque du métro 123 ». Je ne sais pas ce que je dois penser du fait de choisir un film d’action plutôt qu’un truc sur des fesses… Enfin, ce n’est donc pas de fesses dont je veux parler aujourd’hui mais de seins. Et pas ceux de n’importe qui. Il s’agit en fait des seins d’Aline Tilleul dont je me demande si elle les déteste vraiment.
Ah, je vois que vous êtes un peu perdus, vous demandant sans doute où je veux en venir… C’est que je viens de lire un petit roman très sympa (et assez chaud) de cette femme : « La fille qui n’aimait pas ses seins ». Peut-être d’ailleurs s’agit-il plus d’un recueil de nouvelles érotiques, mais mon interrogation principale n’est pas là. En fait, je me demande dans quelle mesure il est autobiographique. Vous savez pourtant que je suis souvent à dire qu’il ne faut pas chercher à découvrir la vie intime d’un auteur à partir de son œuvre romanesque, que la littérature est, comme dirait ce bon vieux Marcel, « le produit d’un autre moi », mais le récit que j’ai pu lire était très proche de ce qu’Aline a pu me dire d’elle pour que je me pose la question.
Pour ma part, je mets un soin particulier à ne pas retranscrire d’une façon trop évidente mes expériences ou
mon vécu. Je me souviens d’ailleurs que Marcel Proust avait eu beaucoup de problèmes pour avoir utilisé trop librement le caractère et la personnalité de ses amis. Montesquiou fut furieux de se
retrouver dans le baron Charlus et la comtesse Greffulhe n’apprécia pas vraiment de se reconnaître dans la duchesse de Guermantes… Pour Aline Tilleul, c’est bien plus embêtant que cela dans la
mesure où cela touche au domaine politique. J’en ai fait l’expérience récemment (la Une du courrier de l’ouest et son article à charge fondé sur une citation tronquée de mon blog), mais dans son
livre Aline va plus loin puisqu’elle parle ouvertement des relations sado-masos avec son amant, un célèbre homme politique, « soixante-huitard bohême de la race des champagne caviar »
dont je connais l’identité pour avoir discuter un peu avec elle. Je me demande si elle n’aurait pas dû réserver ces récits pour un journal intime ou des mémoires… Enfin, vous pouvez toujours lui
poser la question si vous êtes curieux de la vie sexuelle des hommes politiques et aller voir son blog dont j’ai apprécié cet article « Nos blogs littéraires sont des linceuls » :
link
Moi aussi j'aime beaucoup "La fille". Et je lui espère un succès international ! Ce livre le mérite.
Un détail cependant : dans le livre, le héros est prof de cinéma. Vous affirmez que c'est un homme politique important, et que c'est l'auteur qui vous l'a dit. Or si l'auteure a voulu le cacher dans son livre, peut être craint-elle des poursuites judiciaires. Pourquoi donc la mouillez vous contre son gré ? Ou s'agit-il d'une banale entreprise de teasing , à la Sarko-Carla-Dati ? Alors frappez plus fort, dites carrément que c'est lui l'auteur ! Jean Paulhan, ça fait mieux vendre qu'Aury.
Ou encore : un roman est un roman, point, et les "clés" n'existent que dans l'imagination des lecteurs ? Ce roman se vendra très bien tout seul, pour ses qualités littéraires, sans le secours de minables opérations promotionnelles.
J'ai lu ce livre,
et si je trouve bien cet article,
je trouve qu'il n'est pas tout à fait à la mesure de cette oeuvre : un chef d'oeuvre rare.
Aline Tilleul mérite des admirateurs dans le monde littéraire, c'est une oeuvre unique, remarquable, d'une beauté, d'une sensualité incomparables.